Ordre de Malte : Statuta hospitalis hierusalem. {Statuts de l’hôpital de Jérusalem}
Rome, 1588.
In-folio. 4 ff. (titre gravé, frontispice, dédicace imprimée, second frontispice), 12 ff. (12 pl. groupant 48 portraits des membres de l’ordre), 2 ff. (portraits gravés), 1 f. (lettre de Hugues de Louben-Verdale et Index), 1 f., 204 pp. la dernière non chiffrée, Index général (8 ff.).
Illustration : 1 titre gravé avec les allégories de la foi, la charité et l’espoir; 1 planche représentant le pape Sixte V et le grand maître de l’Ordre Hugues de Louben-Verdale, 15 portraits des grands maîtres de l’Ordre signés par Philippe Thomassin, 20 planches à pleine page gravées sur cuivre d’un tirage parfait dans un encadrement gravé sur bois.
Reluire de l’époque. Vélin ivoire souple doré, encadrement doré, fleurons d’angles intéreurs et extérieurs, motif central doré avec inscription : CAES. RO. EQU. HIE., dos lisse décoré à l’or, tranches dorées.
Superbe exemplaire du livre des chevaliers de l’Ordre de Malte, magnifiquement illustré par Philippe Thomassin, dans une reliure d’époque en vélin doré.
Fondé à Jérusalem au milieu du XIe siècle par des marchands italiens, l’Ordre de Malte est d’abord un ordre charitable destiné ) accueillir et soigner les pèlerins chrétiens venus accomplir le »voyage de Terre Sainte ». C’est le maître Hospitalier Raymond du Puy (mort vers 1160) qui transforma l’ordre charitable en ordre militaire.
Peu avant la publication de ces nouveaux statuts, l’Ordre s’était illustré en soutenant victorieusement le siège de Malte par les Trucs. Le grand maître est alors Jean de la Valette-Parisot, fondateur de la ville qui portera son nom : la Valette, dont le plan orne le présent volume.
L’ouvrage, qui présente les statuts de l’Ordre, est magnifiquement illustré de planches gravées sur métal et sur bois, la réunion de ces deux procédés étant exceptionnelle dans l’histoire de l’impression. Elles sont dues pour partie à Philippe Thomassin (1562-1622), graveur originaire de Champagne, qui s’installa à Rome à partir de 1585. Cet artiste fut le maître de Jacques Callot, qui se forma dans son atelier de 1609 à 1611. Son oeuvre est imprégnée de l’esthétique de la Renaissance, tant dans les portraits que dans les scènes religieuses ou réalistes.
Les visages des maîtres sont rendus de façon extrêmement expressive, chacun avec sa personnalité propre, méditative ou énergique. Les autres gravures illustrent les actions accomplies par les membres de l’Ordre. Certaines ont un intérêt documentaire, telle celle de la page 30 qui représente l’intérieur d’un hôpital, où les chevaliers visitent les malades. D’autres montrent les chevaliers en armes, s’apprêtant à partir au combat ou prenant d’assaut une place forte défendue par les Turcs.
Elles sont surmontées des préceptes de l’Ordre et représentent ses vertus et ses rituels : on y voit les chevaliers tenir le conseil, faire des processions, subir des peines, ordonner les soeurs de l’Ordre. Les décors de ces scènes trahissent l’influence des architectes et peintres de la Renaissance.
Les bordures gravées sur bois sont de quatre sortes, avec les armes et les emblèmes de l’Ordre, des chérubins, des anges et des musiciens.
L’ensemble dévoile les arcanes d’une communauté qui exerça un pouvoir quasi souverain en Méditerranée.
Cet exemplaire magnifique a manifestement appartenu à un éminent membre de l’Ordre, comme en atteste la richesse de sa reliure et l’inscription figurant sur les plats. Il est en outre enrichi d’annotations manuscrites du temps à l’encre noire qui, au-dessus des portraits de certains grands maîtres, indiquent la langue que parlait chacun d’eux.
Un ouvrage rarissime dans une condition exceptionnelle.
Référence:
Mortimer, 273, avec 4 planches reproduites.